Vie de la société | 20 septembre 2019

Assemblée générale du 20 septembre 2019 - New York

Rapport moral du président

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Notre Société se réunit en Assemblée générale plénière pour la quatrième fois, après Strasbourg (5 septembre 2013), Montréal (3 octobre 2015), et Bruxelles (5 septembre 2017) - cette dernière dont le Procès-verbal, rédigé par notre Secrétaire général, le Pr. Yannick Courtel, est soumis pour approbation ce jour au vote des sociétaires.

1. Ce qui a été fait.

*Depuis la dernière AG, le Bureau a engagé le processus de publication des Actes commis lors du troisième congrès à Bruxelles dans un ouvrage dont l’intitulé reprend avec modification le libellé général dudit colloque, i.e.De la religion et du politique. Histoires et trajectoires d’un dialogue.Cette publication sera domiciliée dans la collection « Philosophie de la religion, » fondée aux Presses universitaires de Strasbourg dans l’intention de recueillir tous les deux ans les actes des colloques de la SFPR. Ce point a été soumis à l’approbation des trois Assemblées générales et des trois Conseils d’administration successifs de la SFPR.

Rappel: tous les projets d’édition sont évalués par un comité éditorial qui se réunit quatre fois par an. Son avis est porté par les rapports de deux experts extérieurs à l’université et de lui dépend le financement pour moitié d’un ouvrage - en ce qui concerne la SFPR, l’autre moitié est apportée par l’Équipe d’Accueil (EA) de théologie catholique. Le dernier manuscrit a été remis en janvier 2019 (avec complémentairement une introduction et une conclusion après la date-limite fixée par le comité pour sa première réunion de l’année, prévue début février). Cette remise tardive a entraîné le report de son examen d’abord prévu en avril puis en mai. Mais un tout récent contact nous a appris que la date de réunion du prochain comité avait été fixée au 26 septembre. Compte-tenu de cette échéance on peut considérer que le manuscrit sera publié à la fin de l’année 2019.

Je remercie tous les acteurs de cette troisième réalisation qui, je l’espère, sera, à l’instar des deux précédentes, saluée comme une réussite

*Mise en place du 4e congrès de la SFPR à New Yorkdont la direction scientifique est assurée par Souleymane Bachir Diagne. Le montage budgétaire a été réalisé en collaboration avec le secrétaire-trésorier de la SFPR : il est quasiment identique à ceux qui ont prévalu antérieurement à ceci près que l’EA de Strasbourg aura versé au bénéfice de la livraison éditoriale 1000 euros au lieu de 1500 à l’instar des années antérieures.

*Le site internet a joué le rôle qui a été défini lors de la précédente AG, notamment en mettant en relief les publications relatives à la « philosophie de la religion », émanant des membres de la SFPR, ainsi que les différents événements (colloques, Journées d’étude et séances académiques) organisés par ceux-ci.

Notre reconnaissance va Yann Schmitt qui non seulement a créé de toutes pièces le site en 2011, mais en a assuré le fonctionnement depuis cette date. Il nous appartient de lui indiquer les améliorations que nous souhaiterions voir apporter à cet instrument précieux pour une plus grande circulation de l’information et qui pourrait être davantage exploité.

*La perspective ouverte lors du congrès de Bruxelles concernant le 5e congrès a été confirmée par Ghislain Waterlot qui maintient – et nous l’en remercions, sa proposition d’organiser le congrès de 2021 à Genève. Il a été convenu que la présente Assemblée générale formerait son choix thématique lors de ce cinquième rendez-vous.

*Conformément à nos engagements, des contacts ont été pris (ou repris) avec lesinstitutions susceptibles de s’associer aux travaux de la SFPR de manière régulière, notamment les « Colloques Castelli » et l’Association des sociétés de philosophie de langue française.

Les « colloques Castelli dont le coordinateur P.L Valenza a participé aux travaux du congrès de Strasbourg sont restés en contact de manière épisodique : il conviendrait de réactiver les intentions de collaborations mutuellement déclarées.

Concernant l’ASPLF, j'ai rencontré voici quelques semaines Beaudoin Decharneux, nouveau président de l'Association des Sociétés de Philosophie de Langue Française pour évoquer les attendus d'une éventuelle adhésion à celle-ci de la SFPR.

Permettez-moi de vous indiquer que j'y suis personnellement favorable après échange avec les membres du Bureau non pas seulement, certes, parce que le montant de la cotisation est peu élevé (60 €/deux ans !), mais d'abord parce qu'elle permettra une visibilité accrue de notre Société dans les réseaux philosophiques des cinq continents, et plus encore parce qu'elle constituera un tremplin dans la collaboration - directe ou indirecte - avec les autres Sociétés de philosophie, ce au bénéfice d'une mise en jeu disciplinaire et structurelle de la philosophie de la religion dans les divers débats initiés. Conformément aux statuts, la décision ultime appartient à l'Assemblée générale

Pour information :

Objectifs de l’Association des Sociétés de Philosophie de Langue Française (ASPLF)

-Promouvoir la philosophie au sens large en mobilisant les disciplines et méthodologies contribuant à son étude ;

-Assurer à la philosophie de langue française la place qui lui revient dans le monde ;

-Représenter la philosophie de langue française près des Institutions internationales et nationales (FISP, AUF, Académies, Instituts, Universités, Grandes écoles…) ;

-Rassembler les Sociétés de philosophie partageant les mêmes objectifs ;

-Créer des synergies entre Sociétés et Institutions savantes afin de promouvoir l’étude de la philosophie de langue française (colloques, séminaires, conférences, publications…) ;

-Publier (avec les Sociétés organisatrices) les Actes des rencontres organisées sous son égide ;

-Favoriser les rencontres interpersonnelles lors des Congrès et Colloques afin que le dialogue entre chercheurs se perpétue et conserve son caractère fécond.

*Création de l’Association des Sociétés de Philosophie de Langue Française (ASPLF)**

En 1900, à l’initiative et sous la présidence d’Émile Boutroux, eut lieu en Sorbonne le premier Congrès international de philosophie. De très haute tenue, celui-ci se déroula dans le contexte particulier de l’Exposition universelle. D’un certain point de vue, le vœu de Leibniz était ainsi réalisé. L’exceptionnel progrès des sciences et des communications sur le plan mondial rendait nécessaire de telles rencontres permettant aux Universités de resserrer leurs liens et d’échanger les nouvelles réflexions et découvertes. La philosophie se devait d’être une pionnière. Dans la foulée, il fut décidé de tenir tous les quatre ans un Congrès mondial et de nombreuses associations savantes de philosophie virent le jour en France.

Le 5 août 1937, en Sorbonne, se déroula le IXe Congrès International de Philosophie qui fut consacré à Descartes. Plus de mille congressistes de cinquante-six nations participèrent à l’événement. Léon Brunschvicg, André Lalande, Émile Bréhier, Charles Serrus furent alors à l’origine de la création de l’Association des Sociétés de Philosophie de langue française (ASPLF). Dans la foulée, Gaston Berger organisa le premier Congrès de la jeune Association en 1938. Gaston Berger, Georges Bastide, Fernand Brunner, Venant Cauchy, Jacques d’Hondt, Jean Ferrari, Daniel Schulthess furent successivement les Présidents de l’Association. C’est Baudouin Decharneux qui remplit aujourd’hui cette mission. Suzanne Delorme, André Robinet, Nelly Robinet furent les Secrétaires généraux. C’est Jean Leclercq qui assume actuellement cette dernière fonction.

Mission et développement de l’ASPLF

L’Association tient tous les deux ans un Congrès dont elle confie l’organisation à une Société membre ; celle-ci souvent liée à une Université. Parmi les Congrès récents citons : la Sorbonne en 1996, l’Université de Laval au Québec en 1998, l’Université de Bologne en Italie en 2000, l’Université de Nice en 2002, l’Université de Nantes en 2004, l’Université de Budapest en 2006, l’Académie tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts à Carthage en 2008, l’Université de Venise en 2010, l’Université de Louvain-la-Neuve en 2012 (avec le concours de l’Académie Royale de Belgique), l’Université de Iasi en Roumanie en 2014 et l’Académie brésilienne de philosophie à Rio de Janeiro en 2016. Chaque Congrès s’articule autour d’une thématique philosophique qu’il aborde en croisant les disciplines et méthodes afférentes à la philosophie.

Publications récentes de l’ASPLF

La philosophie et la paix, Paris, Vrin, 2002, 2 vol., 461 p. et 1095 p. ; Avenir de la raison, devenir des rationalités, Paris, Vrin, 2004, 704 p. ; L’homme et la réflexion, Paris, Vrin, 2006, 512 p. ; Le même et l’autre. Identité et différence, Vrin (diffusion), 2009, 791 p. ; L’universel et le devenir humain, Tunis, Association Tunisienne des Études Philosophiques, 2010, 392 p. ; L’Action : Penser la vie, « agir » la pensée, Paris, Vrin, 2012, 718 p. ; La citoyenneté, Leuven, Peeters, 2015, 913 p. ; Le Beau, Iasi, 2018, 567 p.

Bureau de l’ASPLF (2018-2020)

-Président : Baudouin Decharneux (Belgique) ; Présidents d’Honneur : Jean Ferrari (France) et Daniel Schulthess (Suisse) ; Secrétaire Général : Jean Leclercq (Belgique) ; Trésorier : Guy Bernard ; Vice-Présidents : Anne Baudart (France) ; Petru Bejan (Roumanie) ; Ali Chenoufi (Tunisie) ; Claude Piché (Canada) ; Makoto Sekimura (Japon).

*Trésorerie, Budget, cotisations: Voir le rapport du Secrétaire-trésorier Yannick Courtel.

Je veux relever dans un esprit de gratitude, les démarches nombreuses et difficiles que celui-ci a dû effectuer concernant les différentes relances de cotisations.

2. Eléments prospectifs.

« LA SOCIETE FRANCOPHONE DE PHILOSOPHIE DE LA RELIGION est une institution qui rassemble des enseignants et des chercheurs attachés à la promotion de la discipline de la philosophie de la religion dans le monde francophone. Elle veut favoriser le progrès dans le traitement des problèmes fondamentaux liés au rapport entre les phénomènes religieux et la philosophie ».(Article 3 des statuts))

Pour notre société et ses membres, la philosophie de la religion ne représente pas seulement une discipline vénérable, elle constitue aussi et surtout une tâche nécessaire. Née en Allemagne comme « Religionsphilosophie », elle s’est s’imposée dans les milieux anglo-saxons selon des modes d’exercice novateurs comme « Philosophy of Religion » puis dans les milieux francophones, tardivement mais, on peut l’espérer, résolument. Si elle s’est affranchie de la perspective historiciste qui l’a vu naître, elle n’a cependant pas quitté son axe fondateur visant à comprendre l’essentiel sinon l’essence du phénomène de religion et à élucider les discours - ses thèmes et ses concepts - qui en traitent. La philosophie de la religion, il est vrai, peut s’entendre de bien des manières : comme exercice d’objectivation rationnelle de la religion et comme exercice conceptuel inspiré par le spécifique religieux, ou bien comme l’expression de leur tension. En effet, notre Société de philosophie de la religion n’est pas une société de philosophie religieuse qui exalterait, à l’aide de concepts philosophiques, une ou des confessions religieuses particulières. En assumant méthodologiquement la distinction d’avec la théologie religieuse, d’avec la philosophie religieuse et la théologie philosophique, elle ne revendique aucune autre autorité que celle de la pensée droite et rigoureuse, questionnante et méditante. En effet, si la SFPR tient le phénomène de religion pour une donnée constituante des cultures et de la culture, étant philosophique, elle l’appréhende en vue d’une intelligibilité en raison, de niveau universel. Le thème de ce colloque 2019, après les développements consacrés à ceux de 2013, 2015 et 2017, devrait placer ces exigences au plus haut de degré de l’éthique intellectuelle.

Dix ans bientôt (2011-2021) ! Mais les fondations sont acquises aussi bien concernant les dispositions statutaires que les publications éditoriales et les rythmes de nos rendez-vous.

La trajectoire ainsi initiée non seulement ne s’interrompt pas alors que je cesse à ma demande, mon mandat de président de la SFPR que j’ai eu l’honneur de fonder avec le soutien collégial. Celle-ci aura réuni de nombreuses promesses qui engagent sereinement son avenir. Il appartiendra au nouveau bureau, certes tenu par les orientations générales de l’Assemblée générale et les choix du Conseil d’administration, d’incarner d’année en année une part du destin de la philosophie de la religion, notamment par la liberté totale qu’exige le penser philosophique et la recta ratio.

Je me permets, au terme de ce rapport, de formuler trois indications à faire valoir pour les prochaines années :

Renforcer voire multiplier (avec sagesse) les partenariats et travailler en chaque cas au meilleur degré d’institutionnalisation ;

Augmenter les capacités d’autofinancement de la SFPR ;

Développer les canaux de communicationad intra(site internet) et ad extra.

Avec l’expression de ma gratitude et mes vœux de réussite collégiale.

Philippe Capelle-Dumont

Président

New York, le 20 septembre 2019

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