Vie de la société | 2 juillet 2024

Congrès 2024 de la SFPR - Université Cheikh Anta Diop, Dakar - Religion et religions

La Société Francophone de Philosophie de la Religion tiendra en septembre 2024 son 6e Congrès sous la forme d’un colloque international qui aura lieu à Dakar. Il réunira des personnalités académiques d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord.

Le thème qui a été retenu pour ce 6e Congrès est : Religion et religions.

Dates : mercredi 4 au dimanche 8 septembre 2024.

Lieux : Université Cheikh Anta Diop à Dakar et Université Cheikh Amadou Bamba à Touba.

Organisateurs : les professeurs Souleymane Bachir Diagne (U. Columbia, New York) et Mouhamadou El Hady Ba (U. Cheikh Anta Diop, Dakar).

Argumentaire :

La philosophie de la religion est amenée depuis déjà un certain temps à penser la pluralité du religieux dans son irréductibilité. Une telle exigence l’amène à mettre en perspective les différends qui ont structuré l’histoire du religieux, ainsi que les problèmes sociétaux auxquels les religions apportent des réponses différenciées qu’il s’agit de comprendre philosophiquement. Cela remet aussi en question la notion de « religion » considérée au singulier. Car écrire « religions » au pluriel est interroger l’universalité ou, à tout le moins, l’univocité d’un concept de la “religion” subsumant sous lui des croyances, des spiritualités, des rituels, des types de relation à l’invisible, des conceptions du divin, etc., aussi divers et variés que les sociétés, les cultures et les langues humaines. Le mot « religion » au singulier ne s’applique-t-il pas uniquement aux religions monothéistes ? aux religions dites « du livre » ? celles dites « abrahamiques » ? ou peut-être à une seule d’entre elles, celle qui se désigne justement par ce mot avec ses étymologies latines ?

Le mot « religion » est-il alors un « intraduisible », c’est-à-dire selon la définition que donne Barbara Cassin de ce mot, « ce que l’on ne cesse pas de (ne pas) traduire » ? Ainsi, s’interroger sur « la religion » dans son rapport aux « religions » est poser la question de l’un et du multiple. C’est interroger le discours prosélyte de la nécessité de réduire le pluriel à l’un, qui ne voit dans les autres « religions », au mieux, qu’un pressentiment, comme une préfiguration de la seule « vraie religion ». Le continent africain, qui reçoit notre congrès, a ainsi connu toutes sortes de « missions » de réduction du multiple des religions (cosmologies) de ses différents terroirs à l’un monothéiste, par éradication ou par différentes formes d’incorporation.

On se posera à propos de ces religions, dont témoigne les arts du continent, la question de savoir s’il faut les appeler « animistes » et ce qu’il faut entendre par ce mot ? Ont-elles ignoré le monothéisme ? On se demandera également ce qu’il en est de leur validité aujourd’hui, à une époque qui renoue avec des spiritualités « écologiques » qui inscrivent l’humain dans son environnement, comme vivant parmi les vivants, le détrônant de la situation de « maître et possesseur » d’une nature qu’il transforme en « ressources naturelles ».

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