Blog de Denis Moreau

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28 février 2022

En guise d'ouverture à Résurrections. Traverser les nuits de nos vies


Un lecteur m’a un jour écrit pour me dire qu’il trouvait que dans mes livres, je ne prenais pas assez en compte la dimension tragique de l’existence. J’ai essayé de tenir compte de cette remarque, et de combler cette lacune.
En 2010, mon collègue et ami Pierre Zaoui, philosophe athée, avait publié, aux éditions du Seuil lui aussi, un beau livre intitulé La Traversée des catastrophes. Le livre que je publie aujourd’hui essaie d’éclairer la façon chrétienne de traverser, vaille que vaille, cahin-caha et comme on le peut, les catastrophes existentielles qui nous frappent, ces moments de la vie où l’on se dit « c’est foutu ». Il y a deux parties. En langage universitaire, on peut dire que la première partie, c’est le « cours magistral ». J’essaie d’y analyser en philosophe ce que signifie « croire que le Christ est ressuscité », et de préciser ce que cela peut changer dans la vie des gens qui le croient. Ce sont des questions un peu compliquées, mais j’ai fait, je crois, un effort pour que cela reste lisible. La seconde partie, ce serait plutôt les « travaux pratiques ». Elle étudie quatre « catastrophes » en essayant de comprendre comment elles peuvent (mais nul n’a dit que c’était facile ou automatique) se commuer en "situations résurrectionnelles" : le deuil, la dépression, les graves fautes morales, les crises conjugales. La forme de cette seconde partie pourra surprendre, dans la mesure où elle est constituée de récits à la première personne du singulier. Le lecteur s’interrogera donc sans doute sur l’origine et le degré de réalité de ces récits : s’agit-il de choses qui me sont arrivées, d’un ou plusieurs témoignages de proches que j’ai recueillis puis composés, de fictions, ou encore d’un peu de tout cela à la fois ? Je ne souhaite pas en dire davantage à ce sujet ni préciser dans quelles proportions j’ai procédé en ces pages à ce que Corneille, dans l’Abrégé qu’il place au début de Polyeucte, appelle joliment « l’ingénieuse tissure des fictions avec la vérité ». Disons que c’est quelque chose comme de « l’autofiction théologique ». Et puis il y a une assez ample conclusion autour du thème « la vie éternelle est déjà commencée », qui récapitule plus ou moins tout ce qu’il m’est arrivé d’écrire depuis une quinzaine d'années. On y parle de résilience, de rock’n roll, de vision béatifique, d’espérance, de saint Thomas d’Aquin, de Spinoza, de Bernanos, de Pierre Desproges, de course à pied, de paradis, et de quelques autres auteurs et sujets. 

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